Bonjour,

Le sujet dont je souhaite vous parler aujourd’hui concerne ce que l’on appelle la courbe du deuil. Issue des travaux de Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre et psychologue Suisse.

Mais, je ne vais pas du tout parler du deuil que nous avons à faire lorsque nous perdons quelqu’un du fait d’un décès. Mon sujet concerne le deuil que nous avons à faire concernant les personnes qui sont toujours de ce monde.

Les ruptures, qu’elles soient d’amour ou d’amitié, sont un deuil à faire et nous devons passer par différentes étapes avant de réussir à « faire notre deuil ». Et dans le cas de ces ruptures, le fait que la personne existe encore dans le monde donne des particularités à ces étapes de deuil qu’il faut traverser.

Je parle des ruptures entre personnes « normales » c’est-à-dire quand il n’y a pas eu d’histoire de domination pathologique, de malveillance avérée ou de violence physique.

Les ruptures standards entre humains standards.

 

Pourquoi je souhaite aborder ce sujet ?

Parce que ma vie m’a apporté une expérience un peu particulière en rapport avec le deuil.

 

Le pourquoi :

J’ai grandi dans un environnement ou j’ai vu et entendu beaucoup d’histoires concernant la vie et la mort. Suivre ces histoires dans mon enfance m’a familiarisé avec le fait que la mort fait partie de la vie.

Ainsi, j’ai développé une capacité personnelle à traverser les deuils suite à des décès de manière relativement gérable et sans traumatisme personnel.

De même, je ne rencontre aucun souci à appréhender les séparations que la vie implique quand cela se fait de manière que je qualifierais de « normale » : C’est-à-dire, petit à petit , parce que la vie sépare parfois les gens du fait de déménagements, d’évolution de vie, de changement comme le lieu de travail, ou la constitution d’un famille etc …

 

Ce sont des deuils qui sont certes inconfortables mais que j’ai toujours traversé de manière assez sereine car elle font partie intégrante du cycle de la vie.

 

Par contre quand les choses sont soudaines, ces ruptures faites dans l’énergie de la colère ; je suis en incapacité. Du moins je l’étais. Pour moi ce sont des évènements qui ne sont pas en lien avec le cycle de la vie, ce sont des artefacts qui ne devraient pas avoir lieu et qui sont générés lorsque nos egos sont trop dimensionnés ou bien trop remplis de croyances et protections inadéquates.

J’ai grandi et vécu ma vie d’adulte en me protégeant inconsciemment contre cela.

Il y a beaucoup de personnes qui font plaisir à leur entourage avec pour but conscient ou non de se sentir aimés, de se sentir utiles ou souvent d’avoir des gestes en effet boomerang. Les bonnes actions sont dirigées vers d’autres afin d’obtenir des sentiments et des émotions positives des gens en retours.

 

Moi, c’est un peu l’inverse. J’ai traversé ma vie en offrant mes services à mes proches mais parfois afin d’éviter l’obtention d’émotions négatives ou des sentiments négatifs chez eux. Inconsciemment je me préservais en évitant de déclencher de la colère et encore moins de la rupture de lien.

Ce, car, inconsciemment, je savais que c’était ma terreur la plus profonde et que je ne saurais pas le gérer.

Je m’en suis bien sortie jusque-là, puis, je me suis retrouvée face à deux ruptures simultanées d’amour et d’amitié dans la même période de temps.

Deux cas en même temps, avec en effet rebond tout l’entourage humain qui va avec et se croit obligé de « prendre parti » pour un camp ou bien l’autre. Il y a donc eu beaucoup plus que deux deuils de personnes vivantes à faire pour moi: tout un troupeau 🙂

Malheureusement, quand on n’est pas préparé à ce type d’expérience, je vous jure que le choc et le traumatisme est réel. Heureusement, comme j’avais déjà commencé à apprendre à m’observer et à disséquer mon fonctionnement : j’ai la chance d’avoir pu appréhender chacune des étapes de ces deuils dans leur entier et les observer en même temps que je les vivais même si je ne suis pas parvenue à les empêcher.

 

Mais, j’ai quand même failli y laisser mon esprit, voire plus.

 

Les Étapes du deuil d’une manière générale :

Ces étapes, les voici de manière schématique :

 

LE CHOC : c’est la sidération, parfois l’absence même de réaction. Il arrive même que l’on abonde dans le sens de la personne car tout se trouve bloqué émotionnellement à l’intérieur de nous. A ce choc s’ajoute parfois mais pas toujours le TRAUMATISME, j’en parlerais un peu plus loin.

 

LE DENI : On refuse l’idée ! comme notre mental refuse d’y croire, il va essayer de rester dans l’histoire, dans le lien. Il va tester afin de se rassurer que ce n’est ni vrai ni possible.

 

LA RESISTANCE : Je pense que cette étape est commune a tous mais quelle ne s’exprime pas pareil pour chacun. En effet, les uns résistent par la colère, mais d’autres sont naturellement plutôt porté sur le sabotage, ou l’auto-sabotage en guise de résistance. Par exemple, ce dernier point me concerne plus : j’en ai pris conscience après, mais mes automatismes sur ce point sont de me saboter dans les yeux de la personne.

Dans cette zone, se situe aussi la peur car la rupture d’un lien casse notre équilibre de vie et donc, cela va forcément générer de la peur en nous. Et si elle est inconsciente, nous ne pourrons pas la traverser et elle va générer des émotions délétères.

 

Ces trois premières étapes sont une zone d’instabilité que je qualifierais d’externe car elle est en lien avec le monde extérieur : les gens le voient, les gens l’entendent, nous tournons notre instabilité vers les autres.

 

Après, nous entrons dans notre chaos intérieur.

 

C’est dans cette phase que nous pouvons avoir des comportements qui peuvent paraitre complètement dingues, inattendus, non logique …

 

LA NEGOCIATION : Aussi appelé le marchandage. Elle va de pair souvent avec la culpabilité qui pointe son petit museau. Dans le cas du deuil des vivants par rapport aux personnes décédées, cette étape est forcément particulière puisque la personne existe toujours. J’ai vu des couples qui se séparaient se parler comme ils ne l’avaient jamais fait auparavant. Certains ne se parlent plus du tout. Et parfois, un essaye de parler et l’autre non. Tous les cas existent, cela ne change pas la réalité de cette étape.

Notre mental tourne à plein régime, refaisant l’histoire, cherchant comment les choses pourraient ou auraient pu être autrement.

Certains en profitent pour chercher des explications allégeant leur culpabilité en déformant la réalité afin que l’autre soit le « vilain » et lui le « gentil ». D’autres vont au contraire chercher à engranger tout ce qu’il y a pu avoir de bien, de bon, de positif en se demandant en fait pourquoi autant de violence car il n’y pas vraiment de raison à la rupture définitive. D’autre encore vont opter pour la négation et partir sur le fait de se dire qu’il n’y a jamais eu d’histoire, il n’y a jamais eu de lien ils se construisent une illusion afin de minimiser l’ensemble de toute la charge émotionnelle et se dire que cela ne leur fait rien.

La culpabilité et le mental à plein régime cela donne un véritable chaos interne.

 

LA TRISTESSE LA DEPRESSION : Suivant les personnes, cela va avoir une intensité variable et un vécu plus ou moins grave en termes de mental et d’apathie. C’est une phase à haut risque, on est au plus bas de cette fameuse courbe. « Je ne peux pas «, « je n’y arriverais pas », on baisse les bras, parfois complètement. La peur est là, la culpabilité s’est dissoute en nous. C’est une phase très dangereuse car certains n’arrivent pas à en sortir, en tout cas pas tout seuls. De plus l’empreinte négative que l’on a sur nous-même nous pousse plutôt à nous faire du mal plutôt que du bien.

 

Quand nous en sortons, nous arrivons dans une phase de transformation interne personnelle qui a aussi ses étapes parfois bien inconfortables.

 

LA RESIGNATION L’ACCEPTATION : Nous entrons dans ce que j’appellerais une zone blanche. Ok, le mental accepte la chose mais, il n’y a plus d’envie, il n’y a plus d’énergie et l’empreinte négative de soi-même est au summum. Le sens de notre vie fait un beau reset à ce moment-là et notre disque dur est en plein reformatage. Se lever est difficile, s’intéresser n’est pas envisageable. Il n’y a plus de lumière à l’intérieur et nous allons lentement vers la phase suivante.

 

LA ZONE DE VIDE : Il n’y a plus aucun repère dans notre vie. Le sens de notre existence n’est plus du tout présent. On a l’impression de bouger mais en étant vide à l’intérieur. Pour ma part, c’est cette phase que j’ai trouvé le plus difficile à appréhender. Le mental sait très bien qu’il n’y a aucune raison à cet état, mais, il existe tout de même et c’est bien plus fort que n’importe quel raisonnement logique. Que l’on existe ou non, n’a pas vraiment d’importance : ce n’est pas comme le creux de la courbe ou l’on peut avoir des envies de nous détruire nous même au sens propre comme au figuré. Même cette envie-là n’existe plus.

 

Et là, si par chance, intention ou persévérance nous arrivons à en sortir, enfin arrive la phase de reconstruction.

 

L’EXPERIMENTATION : Nous essayons petit à petit des choses et des actes pour trouver un nouvel équilibre. Nous entrons à nouveau dans une phase en lien avec le monde extérieur. Un petit essai, puis un plus grand ! des pas de poussin pour essayer de sortir de la gangue qui nous tire vers le bas.

 

RETROUVER UN SENS : Certains sortent en trouvant un sens à l’histoire passée. D’autres ont fait un vrai reset et se trouvent un nouveau sens personnel qui n’est pas forcément en lien avec l’histoire concernée. L’avantage de trouver un nouveau sens dans tous les cas, c’est qu’il remplit le vide. Et, le vide une fois rempli, cela permet de remonter le niveau d’énergie de la personne. Et, ainsi, avec plus d’énergie, la vie peut reprendre ses droits.

L’idéal étant bien sûr de se remplir avec un sens positif même si cela n’arrive pas toujours.

 

La charge émotionnelle :

 

La grande difficulté de certains deuils par rapport à d’autres et en lien direct avec la charge émotionnelle qui y est rattachée. C’est certainement instinctivement pour cela que j’évitais d’avoir à vivre des ruptures en lien avec des émotions négatives. Comme mes sentiments sont bruts, entiers et inconditionnels, ma charge émotionnelle concernant mes proches est bien épaisse.

 

C’est elle qui va nous empêcher d’agir en conscience : plus la charge est épaisse et plus sous allons « réagir » au lieu « d’agir » sous l’effet de notre volonté consciente. Même si avec notre esprit nous voulons décider de certaines choses ou certains actes, nous nous retrouvons parfois à « agir comme des cons » car la charge émotionnelle occulte notre sagesse interne et nous met en pilote automatique.

 

L’épaisseur de la charge émotionnelle que nous avions concernant la personne en question va conditionner l’intensité et la durée de notre séjour dans la zone de chaos et de transformation : la « cuvette »

 

Plus la charge émotionnelle est grande concernant la personne que nous perdons, plus nous allons faire des aller et retours dans cette zone.

Nous faisons le yoyo entre la résistance et le vide et passant par les étapes intermédiaires à chaque passage.

 

Nous avons l’impression de faire un pas en avant puis deux pas en arrière : c’est très perturbant.

 

Mais, à chaque passage, le rabot du deuil enlève une couche de notre charge émotionnelle : ce ne sont donc pas de vrais pas en arrière. Notre psyché, nettoie, et enlève cette charge qui fait la souffrance et la douleur, tout doucement.

 

Mais cela reste une zone très très risquée car suivant les cas, la personne risque de partir dans la fuite ou la destruction et ne plus vivre son deuil normalement. Elle peut aussi rester bloquée dans la phase de dépression et ne pas réussir à en sortir. Parfois cela dure le restant d’une vie.

 

C’est pour cela qu’il est important de guider et d’encourager les personnes qui sont enfermées dans cette phase. Non pas pour que nos soutiens les fassent en sortir car, on ne peut en sortir que par nous même !! mais, pour que nos soutiens permettent de rester dans la courbe normale du deuil sans y stagner ou sans en sortir par les portes délétères.

 

C’est difficile car cela peut être long et cela peut se compter en années de vivre dans ces phases suivant les cas.

C’est difficile aussi car dans ces phases, les gens peuvent agir de manière complètement anarchique ce qui est difficile à comprendre vu de l’extérieur.

C’est difficile à vivre car, même de l’intérieur, nous nous voyions agir de telles manières parfois qu’on ne se comprend plus nous-même car nous ne savons pas ce qui guide certains de nos actes.

 

Pour réussir à sortir et trouver à nouveau notre sens de vie : il faut que cette satanée charge émotionnelle soit réduite à peau de chagrin !

Sinon, son poids nous tire à nouveau vers le bas, et la danse du yoyo peut recommencer.

 

LE TRAUMATISME :

 

Quand il y a un traumatisme qui s’ajoute dans l’histoire, cela rajoute beaucoup beaucoup de complications pour réussir à vivre notre deuil.

Il est extrêmement rare qu’une rupture se fasse dans des circonstances ou nous sommes en pleine forme, fort, et avec une vie sereine, c’est certain.

J’ai eu les deux cas, le premier s’est produit lorsque j’allais vraiment bien et le second alors que j’étais en pleine période de RESISTANCE du premier. Ces faits font que pour moi, le CHOC du premier a été plus violent mais sans traumatisme, et pour le cas du second, le CHOC a été moins fort mais le traumatisme plus profond.

 

L’apparition du traumatisme va être lié à différents paramètres :

  • Notre histoire passée
  • Le comportement de la personne qui génère la rupture : l’injustice de la méthode, l’injustice des causes, le fait parfois d’en être venu aux mains etc …
  • Le comportement des « tierces partie » qui vont parfois agir de manière extrêmement toxique. Ces personnes sont d’une dangerosité extrême dans ces circonstances et empêchent justement aux choses de se passer de manière conformes au cycle de la vie. Parfois ce sont même les tierces parties qui ont généré les casses de lien par leur comportement, mais souvent, nous nous en rendons compte bien trop tard
  • La possibilité ou non de ce que j’appellerais « mettre les choses à plat » : car cette phase est importante afin  d’éviter à la phase de résistance de prendre une ampleur ingérable dans laquelle d’autres traumatismes vont parfois apparaitre.

Et, il y en a bien d’autres causes possibles.

 

Les conséquences d’un traumatisme sont terribles car cela perturbe le bon déroulement d’un deuil.

La blessure du traumatisme va ajouter une sorte de bouclier de fer au-dessus de la charge émotionnelle et cela sera d’une difficulté extrême de « raboter » toute cette charge et la blessure avec. Les actes d’une personne traumatisée seront encore plus anarchiques dans la cuvette du deuil.

 

Avec un traumatisme, sortir de la cuvette ne prend pas toujours la route de la construction.

ET, même en sortant et en se reconstruisant, il y a une sorte d’empreinte négative qui peut rester et qui impactera la vie future.

 

L’IMPACT DE L’AUTRE :

 

La personne liée à l’histoire à forcément un impact sur notre propre courbe du deuil. Son comportement, ses discours en face de nous, ses discours derrière notre dos, son comportement avec l’entourage commun que nous avions avec. Tout cela va forcément impacter notre parcours de deuil.

Un point important concernant l’autre va aussi être intimement lié à la capacité de celui-ci à se remettre en question, à accepter sa part de responsabilité. Ce point va impacter le traumatisme éventuel ainsi que la charge de culpabilité que nous allons vivre. Pour ma part, aucune des deux parties n’étant apte à le faire, j’ai pu bien vivre et observer l’impact négatif que cela peut avoir sur notre parcours du deuil : il est énorme.

 

Par contre, il faut comprendre que cette personne va elle-même avoir un parcours de deuil à faire. Même si c’est cette personne qui est à l’origine de la rupture.

Souvent le déclencheur d’une rupture s’y est « préparé » à l’avance, consciemment ou non ! Donc il ne traverse pas cette étape de la même manière avec les mêmes difficultés. MAIS, il reste que c’est aussi une étape de deuil pour elle et son comportement sera impacté par ce fait.

Parfois même il y a rupture alors qu’aucune des deux personnes ne le souhaitait car l’environnement va provoquer les automatismes et les défenses de chacun. Et, dans ce cas, clairement, deux deuils s’effectuent en parallèle.

 

Et il y a les cas où un lien est obligatoirement encore existant : car par exemple il y a des enfants en commun, ou bien ce sont des membres d’une même famille, ou bien il s’agit de collègues de travail. Cela va fortement impacter le déroulement du deuil d’autant qu’il y a quelque part obligation de transformer le lien sans le couper net.

 

Et il y a les cas où il n’y a aucune obligation de ce type. La fuite est plus facile à faire et cela évite parfois à certains d’envisager de faire le moindre effort pour maintenir un lien en le modifiant. C’est aussi grâce à cette possibilité de fuite que certaines personnes ne se fatiguent pas à se remettre en question, l’autre est le con et c’est tout et l’on croit qu’on va avancer avec cette certitude. Mais cette solution de facilité à première vue n’est pas forcément la plus constructive pour l’avenir des protagonistes qui vont garder une empreinte fortement négative qui aura un impact sur leur relations futures avec d’autres.

 

Parfois, la personne à la bienveillance d’être celui ou celle qui encourage l’autre dans sa phase de chaos sans pour autant céder à sa décision. L’avantage dans ce cas-là est que la personne ne « crache » pas sur l’histoire vécue ce qui permet à chacun de vivre son deuil en se remplissant de positif qui lui sera très utile plus tard pour traverser ses peurs, ses culpabilités et son vide.

 

SORTIR ET SE RECONSTRUIRE :

 

Tout le challenge est de réussir à en sortir sans empreinte négative en nous. C’est important car cela va avoir des conséquences sur nos relations futures avec d’autres personnes.

Il n’est pas rare que, même après des années nous voyions des gens continuer à traiter leur ancien conjoint ou ami de tous les noms d’oiseaux possible. La rancœur peut laisser son empreinte pendant le reste d’une vie et va conditionner des comportements avec d’autres personnes qui seront délétère. C’est un des dangers.

 

Il y a je pense plusieurs solutions pour réussir à nettoyer l’empreinte négative ! Je ne les connais certainement pas toutes puisque liée à chaque personne unique. La mienne a consisté en plusieurs points de méthode :

  • J’ai fait tout ce qui était humainement possible pour obtenir un apaisement afin de pouvoir entrer dans un cycle de deuil en lien avec le cycle de la vie. Je l’ai obtenu de la part de plusieurs personnes et cela m’a permis dans ces cas-là d’entrer dans un éloignement beaucoup plus naturel et donc constructif.
  • Je me suis attachée à rester d’une honnêteté complète et totale avec les personnes, particulièrement celles pour lesquelles ma charge émotionnelle était très forte. Cette honnêteté complète et totale dissous une grande part de la culpabilité qui peut être délétère pour soi.
  • J’ai cultivé la gratitude de manière consciente envers ces personnes. C’est un exercice assez difficile à faire car, il faut contrer les protections de l’ego qui nous emmène parfois sur le chemin de la rancœur et de l’illusion. De plus, cela rend les étapes à vivre dans cette « cuvette » de deuil assez lourdes et chargées.
  • Je me suis mise entièrement à nu à la vue de tous : j’ai affiché mes travers et mes automatismes sans possibilité à mon ego de les cacher, de me les cacher. Ce point m’a permis de traverser pas mal de croyances limitantes et pas mal d’automatismes avant d’entrer dans la phase de reconstruction.
  • Et, je me suis faite aider ! J’ai testé et utilisé plusieurs types d’aide fournie par des personnes « neutres », c’est-à-dire qui ne sont pas du tout en lien avec la charge émotionnelle impliquée. Je me suis jurée que je me donnerais les moyens et j’ai utilisé toutes les cartouches que la vie à mis sur ma route : Psychologue, Kinésiologie, Coach, Massages, Soins énergétiques et même chamaniques. Certains protocoles ont étés particulièrement éprouvants à vivre, mais leur traversée offre un excellent nettoyage.

 

Après, sortir avec aucune empreinte négative, je ne sais pas si c’est réellement possible.

 

Mon expérience personnelle m’a permis de ne garder aucune négativité concernant les personnes que j’ai perdu, je les aime toujours profondément et je comprends et accepte qui ils sont.

Je suis persuadée que dans un fonctionnement humain équilibré on ne peut pas arrêter d’aimer quelqu’un si l’amour est réel et non une illusion.

« Si tu ne m’aimes plus, tu ne m’as jamais aimé » : Cette phrase d’Aristote est pour moi profonde et réelle. Ce sont les protections négatives de l’ego qui déforme le sentiment pour une illusion qui le protège lui et non nous-même.

 

Par contre concernant les ou la tierce personne, je n’y suis pas complètement parvenue. Ces personnes qui utilisent le pan négatif des gens pour se nourrir me laissent un gout de métal dans la bouche: ils provoquent insidieusement les ruptures par leurs actes et ils profitent des ruptures chez les autres pour assoir leur pouvoir sur d’autres êtres humains. Je ne suis pas parvenue à enlever toute l’empreinte négative qui les concerne.

 

Après, certains vécus négatifs peuvent devenir des protections pour le futur. Tout dépend comment nous choisissons de les utiliser. Je repère à présent assez vite ces gens qui s’appuient sur les peurs et blessures des gens pour se remplir et cela me protège à présent quelque part.

 

Je reste persuadée que ce genre de deuil dans la guerre et la colère entre deux personnes, souvent basé sur des malentendus débiles, ce ne sont pas des expériences en lien avec ce qu’est la vie. Ce sont les Egos qui prennent le contrôle et rien de ce qui se passe n’est en lien avec la nature. Les tabous, les non-dits, les peurs impactent les choses de manière non naturelle.

 

Mais, notre société et son fonctionnement font qu’il faut manifestement y passer !

Alors essayons de le faire au mieux avec le moins de négativité possible à la fois pour nous même et pour les autres.

 

RELAXaction

Valérie