Une des grandes aspirations de chaque être humain est d’être « libre ».

Pour certains, c’est même quasiment une obsession : ils veulent de sentir libres au-delà de l’environnement qui les entourent.

Mais, il existe un précepte qui est universel : L’interdépendance.

Rien n’est autonome, rien n’est autosuffisant.

Et privilégier sa liberté sans tenir compte de l’impact que cela va avoir sur autrui revient à se forger sa propre prison.

 

La liberté se gagne avec la responsabilité.

 

La responsabilité :

 

Ce mot qui est utilisé à toutes les sauces dans le développement personnel moderne. Tu es « responsable «de ce qui t’arrive, tu es responsable de ton karma etc ..

 

Oui, ok, d’accord. Mais, bizarrement, beaucoup semblent oublier la responsabilité en lien avec les autres.

L’éthique consiste à éviter de faire subir aux autres la souffrance dont nous ne voudrions pas être victime ou même dont nous avons étés victimes nous même un jour. C’est le socle des piliers de la bienveillance, de la paix et de l’harmonie.

C’est sur la base de cette éthique qu’il est conseillé de ne pas chercher son bien-être au détriment d’autrui : d’où le besoin de maitriser notre égo qui a cette tendance au cœur de son fonctionnement.

 

C’est pour cette raison et pour atteindre cet objectif que toutes nos pensées ou sentiment dit « négatifs » doivent être observées, acceptées jusqu’à leur dissolution.

Car si elles sont exprimées, elles vont générer de la souffrance autour de nous et nous en seront responsables.

Et si elles sont réprimées, c’est en nous qu’elles vont générer de la souffrance qui finira aussi par atteindre le monde autour de nous aussi.

Notre responsabilité est là.

 

A partir de là, la compassion pourra naitre, et nous seront en liaison empathique avec le monde : nous serons disponibles avec notre cœur et notre esprit.

La compassion n’étant pas un regard supérieur sur l’autre comme beaucoup le croient : la compassion, est l’amour de l’autre comme étant notre égal et pour lequel nous acceptons ses difficultés, ses souffrances et l’impact que nous même avons sur lui.

 

Notre responsabilité est d’accepter les conséquences que nos actes ont eu sur d’autres et d’adapter notre disponibilité et nos actes en conséquence.

Notre responsabilité est de reconnaitre les conséquences des actes des autres sur nous et de nous adapter nous, notre esprit et nos actes pour qu’ils ne puissent plus atteindre notre paix intérieure.

 

Après, il est dit qu’il nous faut réparer les conséquences de nos actes. Mais sur ce point, j’avoue être plutôt mitigée. Je ne pense pas que cela concerne précisément les gens directement en lien avec notre histoire.

J’ai personnellement essayé, du plus profond de mon cœur et de mon âme. Mais, les personnes concernées, étant elles-mêmes responsables de leurs actes et de leurs pensées, n’ont pas acceptées de sortir de leur statut de victime ou de bourreau qui convenait bien à leurs automatismes personnels. C’est à ce moment-là que les responsabilités se rejoignent et que nous ne pouvons plus rien faire d’efficace si il y a un barrage quelque part.

C’est aussi la que se rejoint la liberté de chaque individu : tu peux offrir tout ce que tu veux à qui tu veux, la liberté de l’autre peut t’empêcher de voir ce que tu offres réceptionné.

 

La réparation ne pourra concerner que l’ensemble du monde. Tu pourras offrir la nouvelle version de toi au monde, et c’est à ce moment-là que tu vas pouvoir passer de l’individualisme relié à l’égo à une ouverture à l’ensemble du monde relié à ton humanité.

 

La liberté :

Cette liberté, elle ne peut pas exister sans cette responsabilité que nous avons par rapport aux autres, au monde.

Si tu as mis quelqu’un a terre pour satisfaire ton besoin de liberté sans rien faire pour qu’il ait les moyens de se relever : où se situe ta liberté ?

 

La liberté concerne notre libération par rapport à nos conditionnements, à nos a priori, à notre dépendance par rapport aux regards extérieurs.

La liberté réelle est de réussir à nous détacher de l’illusion, de la haine, de l’avidité.

Nous sommes esclaves de nos enchainements mentaux qui construisent des histoires illusoires et nous plongent dans un monde qui au final, n’est pas réel.

Nous défaire de ces enchainements et de ces attentes qui proviennent de ce fameux ego nous libèrent.

 

Un des outil phare pour atteindre cette liberté est bien sûr la méditation, mais, il n’est pas le seul.

Tout ce qui peut nous permettre d’observer nos pensées avec assez de détachement pour les laisser se dissoudre sans construire une histoire « personnelle » nous amène un peu plus prêt de notre liberté.

 

C’est pour cela que blesser quelqu’un par nos actes entrave notre liberté réelle car la liberté a un prix, celle d’assumer lorsque nos actes ont diminué la liberté d’autrui. Nos pensées ne peuvent pas être claires, nos pensées ne peuvent pas être libres si nous n’avons pas ce respect du monde comme étant l’extension de ce que nous sommes nous-mêmes.

Notre monde est ce que nous sommes car nos actes l’impactent.

Si nous entravons notre monde, nous entravons notre liberté.

 

J’ai compris ce point il n’y a pas si longtemps.

J’étais libre sans le savoir consciemment.

Il a fallu que l’on entrave complètement ma liberté d’être et de penser pour que je vois l’impact que cela pouvait avoir sur mon environnement proche.

J’ai vu tout le château de cartes s’effondrer car mes pensées et mes actes étaient entravés, le blocage complet, et une prison jusque-là inconnue m’a entourée.

 

J’étais libre car mes pensées et mes actes allaient toutes dans le même sens. Mais comme j’ai laissé les pensées d’autrui devenir mes pensées, que j’ai laissé ces pensées devenues négatives impacter mes actes, que j’ai laissé ces pensées construire des enchainements et des histoires « personnelles », j’y ai perdu ma liberté qui était naturelle et instinctive.

Le point de départ a été d’accepter de croire que de ne pas avoir de sentiments ou pensées négatives à propos de quelqu’un qui était agressif a cause de sa souffrance n’était pas « normal », les enchainements mentaux se sont construits à partir de cette fausse croyance. Un autre point de départ a été d’accepter de croire qu’on ne peut pas vivre un lien avec quelqu’un de pur gratuit et fort sans qu’il y ait « anguille sous roche » alors que bien sur que c’est possible, mais les enchainements mentaux, aussi bien les miens que ceux d’autrui, ont tout disloqué alors qu’ils ne m’appartenaient pas en prime.

Ne pas laisser les pensées d’autrui impacter nos propres pensées, est un bon point de départ pour gagner notre liberté.

 

Je repasse à présent d’un fonctionnement instinctif à un fonctionnement « en conscience » : ce qui est pour moi beaucoup plus difficile, je l’avoue !

Car il me faut laisser se dissoudre les pensées liées aux actes des personnes qui m’ont impactées et ce n’est pas un exercice simple.

Mais, ayant la chance de connaitre à la fois l’état d’être de la liberté ainsi que les divers outils qui permettent de l’atteindre : je connais donc mon cap !

 

Si tu connais le véritable objectif de ta liberté ainsi qu’où se situe ta responsabilité, le cap est plus facile à prendre.

 

Il reste à chacun de tendre la voilure et d’orienter son bateau personnel vers le cap de sa liberté mentale.

 

Cordialement vôtre

RELAXaction

 

« Quand nous disons que l’homme est responsable de lui-même, nous ne voulons pas dire que l’homme est responsable de sa stricte individualité, mais qu’il est responsable de tous les hommes. »

JP Sartre